L’AVIATION MILITAIRE à BRON

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Le RÔLE MILITAIRE de l’AEROPORT de BRON :

Il y a un siècle, les progrès de l’aviation sont favorisés par la tenue de meetings aériens, qui permettent aux pilotes de se mesurer et de confronter leur technique. Ainsi en mai 1910 se tient sur le terrain de la Poudrette à Villeurbanne une "semaine de l’aviation" qui rencontre un grand succès. Au mois de septembre suivant, la mairie de Bron est saisie d’un projet de création d’un "champ d’expériences d’aviation" ; les choses vont très vite car l’inauguration a lieu en novembre 1910. Une école d’aviation y est ouverte. Bientôt l’armée y envoie des élèves-pilotes militaires. Une loi de mars 1912 crée l’aéronautique militaire et la même année le terrain de Bron est agrandi pour accueillir un centre d’aviation militaire. La 31° section d’aéronautique s’y installe : on y crée 2 escadrilles en 1913 HF19 et MF20.

PREMIERE GUERRE MONDIALE :

A la déclaration de guerre les escadrilles rejoignent le front. Rapidement Bron devient une base arrière très importante, avec l’installation du 2° Groupe d’Aviation : des casernements et des hangars sont édifiés à l’est du fort de Bron. La base forme des mécaniciens d’aviation et de mécanique générale, des chauffeurs automobiles, des monteurs d’avion, des électriciens...recrutés souvent parmi les blessés soignés à Lyon. Le 2° groupe d’Aviation participe aussi à la création de nombreuses escadrilles qui s’envolent vers d’autres terrains. Il s’y ajoute les ateliers de montage aéronautique des avions Farman, Caudron et le terrain est utilisé pour les essais. Par ailleurs dans l’agglomération lyonnaise de nombreux ateliers travaillent pour l’aéronautique. L’escadrille 442 (1916-1919) basée sur un terrain à Jonage est affectée à la défense aérienne régionale.

ENTRE-DEUX-GUERRES :

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Devant un Bréguet XIV (1920)

Après la guerre est créé à Bron le 5° Groupement d’aviation qui rassemble 6 escadrilles. en 1920 il est renuméroté 35° Régiment aérien d’observation avec 6 escadrilles, 2 de reconnaissance et 4 d’observation. En 1922 le 35° est transformé en 35° Régiment d’Aviation Mixte par adjonction de 4 escadrilles de chasse équipés de SPAD13. En 1927 il compte 14 escadrilles volant sur Bréguet 19 ou LGL32. Le 35° participe à l’instruction et aux manoeuvres, avec une spécialisation vers le vol en montagne.

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LGL 32 vers 1932

En 1934 l’Armée de l’Air est créée, le terme de Base Aérienne apparaît et les régiments deviennent des Escadres. Bron devient la BA 105 ; le 35° est partagé entre la 5° Escadre de Chasse à 4 escadrilles, la 35° Escadre d’Observation et la 55° Escadre de Reconnaissance/Observation. En 1937/1938 la 5° Escadre de chasse sera déplacée à Reims. Pendant cette période de nombreux équipements et bâtiments sont construits et en 1939 Bron était devenue une base aérienne bien équipée. Elle se partage avec l’activité civile une emprise de 200 hectares avec une piste gazonnée nord-sud de 1100 m. La base entraîne également des réservistes : Groupe Aérien Régional GAR 562 équipé pour la chasse qui devient Groupe de Chasse III/9 début 1940.

DEUXIEME GUERRE MONDIALE :

A la mobilisation, les escadres de Bron gagnent leurs terrains d’opération. Le Groupe I/35 effectuera des missions de reconnaissance pour la 7° Armée avec des pertes sensibles, comme le capitaine Jean Robert touché en vol au dessus de Guise. Le Groupe II/35 effectue des missions de bombardement avec ses Amiot 143. Les groupes I et II/55 effectueront des missions de reconnaissance au profit de la 8° Armée avec de lourdes pertes.

Après la chute de la Pologne, Bron accueille des aviateurs polonais réfugiés ; ils formeront deux unités de chasse. Le Groupe de chasse III/9 assure la défense aérienne de la région et abat dès le mois d’avril un appareil allemand : la dérive marquée de la croix gammée et percée d’une balle de cet appareil est exposée au musée. Ensuite le Groupe avec le concours des aviateurs polonais ne peut s’opposer à un ennemi supérieur en nombre. La base de Bron est bombardée 2 fois par les allemands.

En 1940-42 dans le cadre de l’armée d’Armistice, Bron accueille le groupe de chasse 1/1 et devient une "base de stockage" qui tourne au ralenti ; le capitaine Chambonnet futur chef régional de l’Armée Secrète y est affecté. Fin novembre 1942, les allemands occupent la base et l’utilisent comme terrain de transit. En avril et en août 1944 la base et le terrain sont bombardés par l’aviation américaine avec de gros dégats.

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B26 Marauder du groupe Gascogne (12/1944)

DEPUIS LA LIBERATION :

La piste est réparée et allongée par le Génie américain et Bron devient un terrain de transit pour de nombreuses escadrilles de chasse de bombardement et de transport. Puis pendant 5 ans la base de Bron est en sommeil dans ses ruines. En 1951 le bataillon de l’Air 1/111 (services administatifs) s’y établit, Bron devient la BA 111 et en 1952 le Centre d’Entraînement des Réserves 306 avec principalement des avions Morane-Saulnier "Vanneau" qui sera en activité jusqu’en 1964.

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les "Vanneaux" de l’escadrille de réserve 1956

Mais un autre avenir s’annonce : le projet d’installation d’une base radar au mont-Verdun date de 1952, les travaux commencent en 1956 et seront très longs...

insigne BA 942 Mont-Verdun En attendant la station Radar intérimaire 10/942 s’installe à Bron en 1956, puis à Satolas, où elle devient Centre de Détection et Contrôle (CDC) 05/942 dépendant de la base de Bron qui devient Base de Défense aérienne 10/942. Elle reçoit son insigne en 1960 et en 1964 est rebaptisée Base Aérienne 942. Avec la dissolution de l’escadrille de Réserve, il n’y plus d’avions militaires à Bron. En 1973 le CDC de Satolas rejoint le mont-Verdun, suivi le 5 novembre 1973 par la BA 942, qui quitte Bron définitivement...

Sur l’emplacement de la base de Bron a été construite l’Ecole du Service de Santé ouverte en 1981. Après l’ouverture du nouvel aéroport Saint-Exupéry à Satolas, le terrain de Bron est utilisé par l’aviation privée.

source : L’aviation militaire à Bron de 1912 à 1972 - Soc. Lyonnaise d’Histoire de l’Aviation et de Documentation Aéromautique - ELAH 2002