La BATAILLE d’ANTHON en 1430

Samedi 10 juillet 2010 // 3 : La REGION et les ROIS de FRANCE

La BATAILLE d’ANTHON (11 juin 1430) :

Dans les années 1420, la Guerre de Cent-Ans contre les Anglais se complique avec l’alliance anglo-bourguignonne scellée après l’assassinat du Duc de Bourgogne Jean-sans-Peur par les hommes du Dauphin Charles (1419). Ce dernier a obtenu le soutien des Lyonnais après la défaite d’Azincourt (1415) et devient en 1422 Charles VII Roi... à Bourges. Son armée est vaincue à la bataille de Verneuil en 1424 (9000 tués dont la moitié de notre région). Orléans est assiégée et les troupes royales ridiculisées à la bataille des "harengs" (1428) : le renouveau survient avec Jeanne d’Arc en 1429.

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blason du Dauphiné

L’AMBITION D’UN PRINCE
Dans ce contexte troublé, un seigneur franc-comtois, Louis de Chalon, seigneur d’Arlay et prince d’Orange par héritage de sa mère, pro-bourguignon, prétendant des droits sur la région, cherche à se tailler une principauté en Dauphiné. Il est soutenu en sous-main par Amédée VIII de Savoie qui a intérêt à un démembrement du Dauphiné. Louis de Chalon profite de la faiblesse régionale pour s’emparer de châteaux dans la région du Velin entre Crémieu et le Rhône. Il mène une chevauchée avec une petite armée, il est soutenu par un certain nombre de seigneurs dauphinois. En 1429 il prend les châteaux d’Anthon, de Pusignan, d’Azieu, de Colombier (au sud-ouest d’Anthon) et y laisse une garnison.

L’ORGANISATION DE LA DÉFENSE
Raoul de Gaucourt, gouverneur du Dauphiné, organise la défense. Il est rejoint par Humbert de Grolée , sénéchal de Lyon et son contingent lyonnais, ainsi que deux compagnies de lombards. il fait appel à Rodrigue de Villandrando, capitaine de routiers espagnols établi à Annonay.
L’armée ainsi réunie reprend Pusignan le 7 juin, Azieu le lendemain et le 10 juin Colombier après une grande résistance des assiégés.

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blason de Louis de Chalon-Orange

La BATAILLE
Le 11 juin, Louis de Chalon, averti du siège, fait route depuis Anthon pour secourir Colombier, qui a en fait capitulé la veille ; sa route traverse le bois des Franchises (plus étendu à l’époque que maintenant), où l’armée dauphinoise attend qu’il s’y engage complètement. La tête de la colonne est attaquée par les routiers de Villandrando et cherche à se replier ; le reste de la colonne est alors pris de flanc par Gaucourt et Grolée. C’est la débandade et le massacre des orangistes : environ 300 morts, 600 prisonniers mis à rançon. Le prince d’Orange réussit à s’échapper en traversant le Rhône à Anthon. Le surlendemain à Crémieu sont vendus 1200 chevaux harnachés récupérés et beaucoup d’armes et d’armures ; l’étendard rouge et or d’Orange fut exposé à la cathédrale Saint-Jean à Lyon.

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Plan de la bataille

EPILOGUE
Cette victoire conservait le Dauphiné à la couronne de France. Villandrando reçut le château de Pusignan. Mais les inquiétudes des lyonnais ne sont pas terminées, malgré le traité d’Arras entre Charles VII et Philippe le Bon duc de Bourgogne (1435). En effet la trêve laisse sans emploi un grand nombre de routiers : le point culminant est le massacre des habitants de Vimy (actuelle Neuville-sur-Saône) et de Genay au début de 1443. Il faut l’intervention des armées royale et savoyarde pour ramener la paix dans la région. En 1447 le dauphin Louis futur Louis XI viendra gouverner le Dauphiné pendant une dizaine d’années.
Une stèle commémorant cette bataille est érigée sur la route à l’est de Janneyrias.

dernière modification 05/2016 source:Lyon Rive Gauche n°27 12/1968