Les FORTIFICATIONS de la CROIX-ROUSSE

Samedi 19 juin 2010 // 16 : FORTS, FORTIFICATIONS, GARNISONS, CASERNES et CAMPS MILITAIRES

Les FORTIFICATIONS de la CROIX-ROUSSE :

Les fortifications de la Croix-Rousse s’étendaient du Rhône à la Saône en ligne droite à l’emplacement du boulevard de la Croix-Rousse actuel. Un premier rempart existait probablement depuis le début du XV° siècle à cet endroit en avant du véritable rempart de Lyon qui était aux Terreaux. L’initiative du remplacement des « vieux fossés » par une enceinte bastionnée revient au Roi Louis XII en 1512. La construction commence dès 1513 mais est très lente ; François Ier en 1523 nomme Jean Pérréal responsable des fortifications dont la construction se poursuit jusque vers 1550 sous l’impulsion de Jean d’Albon.

A cette date le Plan Scénographique de Lyon montre un rempart continu, dessiné de manière schématique avec une porte avec un pont-levis, la porte Saint-Sébastien.
En 1602 le Consulat de Lyon craignant que les murailles puissent servir contre la ville obtient que les bastions soient ouverts vers la ville : des murs intérieurs sont donc démolis.

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Plan de Simon Maupin vers 1620

XVII° XVIII° SIÈCLES
Vers 1600 l’ensemble compte 9 bastions à oreillons reliés par une courtine ; ils sont appelés en partant de la Saône :
- 1- bastion St-Jean dominant la Saône
- 2- bastion Notre Dame
- 3- bastion de la Grenouille,
- 4- bastion de la Tourette
- 5- bastion de St- André,
- 6- bastion St-Sébastien. Dans ce bastion St-Sébastien s’ouvre la porte du même nom (ou porte de la Croix-Rousse), unique porte de l’enceinte au débouché de la montée de la Grand-Côte (rue des Pierres Plantées) donnant accès au plateau par la Grande Rue de la Croix-Rousse.
- 7- Bastion d’Orléans,
- 8- bastion St-Laurent,
- 9- bastion St-Clair au bord du Rhône.

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Le fort St Jean en 1670

Pendant les années 1630 sur l’initiative du gouverneur Charles d’Alincourt, la fortification est complétée et modernisée par une suite de 6 demi-lunes en avant du rempart entre les bastions : leur emplacement se retrouve aujourd’hui dans le plan triangulaire de certaines places ou rues. En contrebas du fort St-Jean est ouverte sur la rive gauche de la Saône une porte fortifiée, la "porte d’Alincourt".
Au début du XVIII° siècle les fortifications sont à l’abandon ; le bastion St-Clair sera démoli dès 1772 pour ouvrir le quai St-Clair le long du Rhône.

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plan des remparts en 1789

La RÉVOLUTION
En 1793 pendant le siège de Lyon des batteries d’artillerie sont installées sur les bastions : sur le bastion 1 en direction de Vaise, 5, 6, 7 en direction du plateau et 8 en direction des Brotteaux. En 1796 certains bastions (Orléans et St-Laurent) sont vendus comme Biens Nationaux à des investisseurs privés et la ville doit les racheter en 1819.
Pendant les Cent-Jours en mai-juin 1815 sont entrepris dans l’urgence des travaux de remise en état des fortifications de Lyon : on aplanit les bastions et on élève des parapets en terre. Mais il n’y aura pas de nouveau siège de Lyon, car les hostilités sont suspendues le 12 juillet.

MONARCHIE DE JUILLET
Les bastions seront cédés à l’Etat en 1832 pour la réorganisation des fortifications (travaux du général baron Rohaut de Fleury directeur des fortifications de Lyon de 1831 à 1837).

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Fort Saint-Jean

Les fortifications sont réparées et consolidées : le bastion St-Jean est incorporé dans un fort constituant un puissant ouvrage superposant 7 niveaux d’artillerie avec des casernes intérieures (1834). Le bastion 6 très réduit inclut la porte principale, il est défendu par la caserne fortifiée des Bernardines. Le bastion St-Laurent est équipé vers 1835 d’une petite caserne fortifiée à 2 étages pour 400 hommes, flanquée d’une porte monumentale avec 2 pavillons d’octroi. Cette porte devait permettre aux soldats des casernes des pentes de sortir rapidement sur le plateau en cas de révolte

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1853 de gauche à droite caserne des Bernardines, porte, caserne et bastion Saint-Laurent

DEUXIÈME RÉPUBLIQUE et SECOND EMPIRE
Dès la chute de Louis-Philippe des militants révolutionnaires commencent la démolition de l’enceinte, qui avait la réputation d’avoir été construite pour contenir les révoltes.
Ce type de fortification urbaine devient obsolète. L’enceinte est rétrocédée à la ville en 1862 et est percée par le chemin de fer de Sathonay, qui vient faire correspondance avec le funiculaire de la rue Terme en 1863. Le plan ci-dessous donne l’état des lieux vers 1865.

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plan de 1865

La demi-lune entre le bastion d’Orléans et la porte de la Croix-Rousse a été convertie en gymnase militaire (il en reste un portail isolé à l’intérieur du pâté de maison qui l’a remplacé). En 1867 le rempart est démoli pour faire place au boulevard de la Croix-Rousse (d’abord nommé boulevard de l’Empereur) ; en 1868 la porte St-Laurent est également démolie. Conservés pour leurs casernes, ne restent alors que le fort St-Jean et le bastion St-Laurent.

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bastion Saint-Laurent 2005

XX° SIÈCLE
Le fort St-Jean côté Saône a abrité la Pharmacie Régionale du Service de Santé de 1932 à 1984, puis l’Inspection des services vétérinaires et un magasin de réserve de mobilisation du Service de Santé jusqu’en 1998. Bien réaménagé, il accueille depuis 2004 l’Ecole Nationale du Trésor.
Le bastion St-Laurent côté Rhône a hébergé depuis 1936 la Direction Régionale du Service de Santé des Armées : elle a déménagé dans le bâtiment de l’Etat-major au quartier général Frère en juin 2014.

dernière modification 04/2016