Le Maréchal KELLERMANN

Samedi 17 juillet 2010 // 5 : REVOLUTION et SIEGE de LYON

Le Maréchal KELLERMANN (1735-1820) :

Natif de Strasbourg François Christophe Kellermann devient officier en 1752 et participe à la guerre de Sept Ans, où il est fait deux fois prisonnier. En 1771-1773 Il participe à une action en Pologne (1765), sous les ordres de Viomesnil. Il ensuite en garnison à Haguenau, Metz. Nommé maréchal de camp en 1788, puis lieutenant-général en 1792, il remplace Luckner à la tête de l’Armée du Centre en août. Il fait face aux prussiens du Duc de Brunswick à Valmy le 20 septembre 1972 : cette victoire redonne confiance aux républicains, même si ce ne fut qu’une canonnade que les soldats français subirent sans se désunir, suivie d’une retraite inespérée de l’ennemi.

En novembre 1792, il est relevé de son commandement et nommé par la Convention chef de l’Armée des Alpes. Kellermann organise la défense de la Savoie conquise à l’automne, dans un contexte de suspicion politique permanente et de délation, qui annonce la Terreur. Le 19 juillet il reçoit l’ordre de marcher sur Lyon déclarée ville rebelle.
Cette mission de guerre civile lui répugne, il gagne du temps et n’arrive à Lyon que le 8 août, où il est contraint d’ouvrir les hostilités par les représentants de la Convention. Alors commence le siège de Lyon. Les Piémontais en profitent pour tenter de reconquérir la Savoie devenue le département français du Mont-Blanc depuis 1792. Kellermann jugé trop attentiste est renvoyé de Lyon en Savoie début septembre, où il mène du 20 septembre à la mi-octobre une contre-offensive qui repousse les piémontais au delà des cols alpins.

Il est mal remercié de ses services, car entre temps le 11 octobre la Convention ordonne son arrestation comme suspect et son transfert à Paris ; arrêté à Chambéry, il est emprisonné à Paris à la prison de l’Abbaye (St-Germain-des-Près). Il y attendra pendant un an son jugement... Heureusement pour lui, la chute de Robespierre en juillet 1794 a mis fin à la Terreur et il est acquitté 8 novembre 1794.

Réintégré en janvier 1795, Kellermann est de nouveau envoyé à l’Armée des Alpes et d’Italie ; il mène une campagne dans la région de Gènes et est remplacé par Scherer à l’Armée d’Italie en aout 1795. Kellermann ne garde que l’Armée des Alpes. En 1796, il contribue loyalement à la logistique et aux besoins de l’armée d’Italie, alors conduite victorieusement par Bonaparte. Il devient Inspecteur Général de la Cavalerie (1798), sénateur (1799) et Maréchal d’Empire en 1804.

Sous l’Empire, en raison de son âge, il n’aura plus que des commandements d’armées de réserve. En 1806-1807 il est à Mayence ; en 1808 il est à Bayonne (armée de réserve d’Espagne) et il est fait Duc de Valmy en mai. En 1809 il est de nouveau à Mayence. En 1810 il reprend ses fonctions de sénateur, mais en avril 1812 il retourne à Mayence en base arrière de la campagne de Russie, puis de la campagne d’Allemagne. En novembre 1813 il est à Metz. En 1814 Kellermann fait partie des sénateurs qui se rallient à Louis XVIII, il est fait pair de France et gouverneur de Strasbourg. En 1815, âgé de 80 ans, il se tient en retrait. Il meurt en 1820.

Son fils François-Etienne Kellermann (1770-1835) fut Général à 27 ans et cavalier. Il se distingua particulièrement à Marengo et Austerlitz. Il participe à la campagne d’Espagne. Sa bravoure n’empêcha pas la défaite de Waterloo. Sa carrière militaire est alors terminée ; il devient à la mort de son père duc de Valmy et Pair de France.

Source : René Reiss - Kellermann - Tallandier 2009