1601 : la BRESSE DEVIENT FRANCAISE

// 4 : des GUERRES d’ITALIE à la REVOLUTION

1601 : La BRESSE, le BUGEY, le VALROMEY et le PAYS de GEX SONT ANNEXES au ROYAUME de FRANCE :

En 1600 Lyon est toujours une ville frontière : en effet avec la possession de la Bresse, les terres du duc de Savoie s’étendent de Nice à Turin et jusqu’aux confins de Lyon.
La paix de Vervins (1598), signée entre la France d’Henri IV et l’Espagne, a mis un fin provisoire à la série de conflits et batailles de la décennie 1590 avec le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier. Mais il reste un contentieux : il concerne le marquisat de Saluces (Saluzzo au sud de Turin) enclave française en Piémont, que le duc de Savoie avait occupé en 1588 et qu’il refuse d’évacuer.

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Lesdiguières

Henri IV, roi d’une France enfin pacifiée, a les mains libres pour régler cette affaire au profit de son royaume. Le 27 juin 1600 un ultimatum au duc de Savoie le somme d’évacuer le territoire contesté dans les 3 mois ou de céder ses territoires de la rive droite du Rhône.
Poussé par Lesdiguières lieutenant-général en Dauphiné, à ne pas entrer en campagne trop tard dans la saison, le Roi n’attend pas 3 mois et entre en campagne lui-même le 12 août. L’offensive se porte sur 3 axes : Biron sur Bourg-en-Bresse qui est prise, Crillon sur Chambéry qui capitule rapidement et Lesdiguières sur Montmélian, qu’il prend le 17 août et dont il assiège la citadelle.
Henri IV fait son entrée à Chambéry le 24 août. Les troupes royales s’emparent ensuite de Miolans et Conflans. Lesdiguières et Créquy reprennent Charbonnière et s’assurent de toutes les places fortes de la Maurienne.

La conquête de la Savoie est une promenade militaire et Charles-Emmanuel surpris a tardé à contre-attaquer. Le 12 novembre il passe le col du Petit-Saint-Bernard, les troupes royales convergent en Tarentaise ; Lesdiguières et Créquy passent de Maurienne en Tarentaise par les cols de la Madeleine et des Encombres, tandis que Sully poursuit le siège de la citadelle de Montmélian. Henri IV est posté au Cormet de Roselend dans le Beaufortain. La cavalerie de Lesdiguières est repoussée à Aime-en-Tarentaise, mais le duc apprend la capitulation prématurée et sans gloire de Montmélian et est arrêté à Villette (novembre 1600).

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Henri IV et Marie de Médicis

La neige empêche la poursuite de la guerre et la partie est perdue pour le duc de Savoie. Henri IV peut rejoindre Lyon le 9 décembre, y faire connaissance de sa fiancée Marie de Médicis qui l’attend et l’épouser à la cathédrale Saint-Jean le 17 décembre 1600. Le mariage est célébré par le cardinal-légat Aldobrandini neveu du pape.

Les pourparlers de paix se déroulent à Lyon sous la présidence du légat du pape et aboutissent le 17 janvier 1601 à la signature du Traité de Lyon. Le duc de Savoie doit céder à Henri IV la Bresse, le Bugey, le Valromey et le pays de Gex. En échange il garde le marquisat de Saluces.

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frontières en 1601

C’est la fin d’un cycle historique : la France n’a plus de revendications sur un territoire italien, mais est largement gagnante par les territoires annexés. Lyon n’est plus une ville frontière. Au nord du Rhône, seule la Dombes (capitale Trévoux) demeure principauté autonome complètement enclavée. Les nouveaux territoires annexés sont rattachés administrativement à la Bourgogne.

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Département de l’Ain

Ces territoires formeront en 1791 avec la Dombes le département de l’Ain, dont le blason officiel regroupe les blasons de la Bresse et du pays de Gex en haut, de la Dombes et du Bugey en bas, le tout surmonté de la croix de St-Maurice ordre savoyard.
La Bresse faisait partie des domaines du duc de Savoie depuis le mariage en 1272 d’Amédée V (comte 1285-1323) avec Sybille de Bagé, dame de Bresse. Un témoignage éclatant de la présence de la maison de Savoie en Bresse est l’église mausolée de Brou à Bourg-en-Bresse.

Source : Jean-Pierre Gomane - Chamousset les Mollettes - les batailles oubliées Historic’one éditions 2000